« Éloge des fins heureuses » de Coline Pierré

C’est avec l’affiche de Little miss sunshine en tête que j’ai commencé Éloge des fins heureuses, le jaune de la couverture du livre me rappelant le jaune de l’affiche du film, un jaune solaire et joyeux, mais un jaune dense également, plein de la complexité tragi-comique de la vie.

Little miss sunshine, un de mes films préférés de tous les temps, un film qui finit bien alors que tous les personnages se trouvent confirmés dans leur rôle de losers de la société : rejetés, ratés, handicapés, largués, morts ou jugés trop gros. Un film où cette bande d’inadaptés ne se transforme pas en clones rentrant dans les normes de leur société au prix d’efforts titanesques et exemplaires, non, mais un film où tous et toutes grandissent ensemble pour affirmer leur singularité et faire un doigt aux définitions qu’on nous impose de la beauté physique, de la réussite sociale, de l’amour de soi et des autres. Ce film, je l’aime d’un amour intense depuis sa sortie, et je me suis souvent demandé pourquoi, sans jamais trop prendre le temps d’analyser mon ressenti. Je crois bien que Coline Pierré a trouvé des mots justes pour parler des fictions de ce type.

Éloge des fins heureuses de Coline Pierré est un essai passionnant, fin et, je trouve, accessible. Il se lit d’une traite et ouvre une perspective originale sur l’optimisme dans la fiction en l’étudiant notamment sous un angle politique. Ainsi, on apprend que « les fins malheureuses sont de droite » et que « la fiction est la cabane d’où nous faisons trembler le monde ». Être optimiste à travers une fiction, ce serait donc renoncer au déterminisme du monde, ne pas accepter la « tyrannie de la réalité ». Je mets cette expression entre guillemets car Éloge des fins heureuses m’a beaucoup fait penser à l’essai passionnant de Mona Chollet La tyrannie de la réalité. Dans cet essai écrit avec le cœur, Coline Pierré nous parle de son amour (que je partage) pour les comédies romantiques et pour la littérature jeunesse, et nous offre un plaidoyer pour l’imagination, présentée comme « l’arme des opprimé.e.s ».

Dans le contexte actuel, je ne peux que vous recommander sa lecture. Il ne s’agit pas de se perdre dans une mièvrerie creuse pour mettre des œillères sur la difficile réalité du moment (même si c’est également une démarche légitime à mon sens), mais bien de garder espoir en imaginant et en rêvant notre monde et son futur. S’il y a bien un lieu où chacun.e de nous peut (re)prendre le pouvoir, c’est par le biais de la fiction.

 

Le livre au format PDF est téléchargeable gratuitement sur le site des éditions Monstrograph durant la période de confinement de ce printemps 2020. 

Éloge des fins heureuse, Coline Pierré, éditions Monstrograph. 

 

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